Le défi
Ce que nous avons réalisé
Une boutique héritée avec le code de quelqu’un d’autre
LikeOn tricote à Kharkiv depuis 2010 : mérinos, cachemire, soie, coton. Chaque pièce est tricotée en forme plutôt que coupée dans un tissu, chaque couture est assemblée maille par maille, et un vêtement demande deux à trois jours. La marque vend par sa propre boutique WooCommerce.
Nous avons repris une boutique avec des commandes en cours, un cœur obsolète, une page d’accueil faite de shortcodes et quatre portes dérobées installées dans le thème. Nous l’avons démontée et rebâtie — sans toucher à une seule commande client.
Le premier écran dit ce qui sépare un fabricant d’un revendeur : nous tricotons nous-mêmes, depuis 2010, deux à trois jours du fil au vêtement fini.
Le point de départ
La boutique tournait sous WordPress 6.9.7 et WooCommerce 5.9.1 — six versions majeures de retard. Le thème était un Flatsome du commerce, avec un thème enfant où s’étaient empilées les retouches de plusieurs prestataires successifs.
Le fichier de fonctions de ce thème enfant contenait quatre portes dérobées indépendantes. Chacune avec son propre mot de passe, chacune capable d’exécuter n’importe quelle commande sur le serveur. Le fichier avait été modifié un mois avant le début des travaux. Tout le reste — mises à jour, design, textes — n’avait de sens qu’une fois cela retiré.
Une page d’accueil construite en code
L’ancienne page d’accueil était un empilement de shortcodes : une grille de bannières, des titres en russe, une sélection de « meilleures ventes » avec les identifiants produits saisis à la main, et des avis clients insérés sous forme d’images — des captures d’écran de messages. Le corps de la page contenait même encore une balise parasite laissée par une extension de traduction du navigateur, enregistrée avec le texte.
La nouvelle page d’accueil est une extension à part, avec ses propres sections. Chaque bloc va chercher ses données dans la boutique : les catégories affichent combien de modèles sont réellement en stock, la sélection de la semaine se construit sur les stocks réels, les articles viennent du blog. Il n’y a rien à éditer — la page se redessine avec le stock.
Une fiche produit en vitrine montre le prix, l’ancien prix, la remise, le montant économisé et les tailles en stock — la décision se prend avant le clic.
Le catalogue
425 produits, 26 catégories, dont 251 modèles en stock. Le catalogue n’affiche que ce qui peut être acheté aujourd’hui ; le reste demeure en base et reste accessible par lien direct, pour ne pas perdre des pages déjà indexées.
La fiche produit
Les tailles sont des boutons, pas une liste déroulante : les cinq sont visibles d’emblée et les indisponibles sont barrées. À côté de « Ajouter au panier » se tient « Commander en un clic », pour l’acheteur qui ne veut pas créer de compte.
Sous les boutons, les caractéristiques que l’on range d’ordinaire dans un onglet : longueur du vêtement, type de col, couleur, motif de maille, composition du fil, délai de fabrication. Ce sont les six questions qu’un acheteur de maille poserait autrement en message privé.
Le reste du texte est replié en accordéons : description, caractéristiques, avis, livraison et retours. La page reste courte sans rien perdre — et les moteurs voient tout le texte, puisqu’il est dans le balisage et non chargé à la demande.
Commander en un clic
Le chemin le plus court : prénom, téléphone, commander. Le panneau montre exactement ce qui est acheté — photo, taille choisie, quantité, remise et total. Sans page de commande, sans inscription, sans les champs qu’un conseiller confirmera de toute façon par téléphone.
Le même panneau s’ouvre depuis la fiche produit et depuis le panier — la logique du panier reste unique, quel que soit l’endroit d’où on l’appelle.
Une recherche qui répond tout de suite
La recherche s’ouvre par-dessus la page et renvoie des produits pendant la frappe, avec photo, prix et remise. Une recherche vide ne reste pas vide : elle contient les dernières requêtes de ce visiteur, les catégories et les produits populaires.
Du service, pas des petits caractères
Dans la maille, deux questions font échouer une vente plus souvent que le prix : vais-je tomber juste sur la taille, et que faire si c’est trop long. Les deux ont leur bloc sur la page d’accueil, plutôt qu’une ligne en pied de page à côté des conditions de vente.
Le guide des tailles propose des tableaux distincts pour les ensembles en coton et en laine, des mesures en centimètres et un schéma lettré. Le service de retouche raccourcit un pantalon ou un pull à la taille du client, avec un avertissement honnête : une pièce raccourcie devient une commande sur mesure et n’est ni reprise ni échangée.
L’ukrainien jusqu’au bout
La boutique était déjà « en ukrainien » — mais seulement dans l’interface. Les descriptions produits restaient à moitié traduites du russe : grammaire mélangée, mots russes laissés au milieu de phrases ukrainiennes, coutures de traduction automatique en plein paragraphe. Pour un client, cela se lit comme de la négligence de la marque, pas comme un détail technique.
Les descriptions ont été relues à la main, paragraphe par paragraphe. La même passe a retiré les traces d’une autre marque restées dans les textes, les liens internes cassés vers des catégories supprimées et les liens des pages ukrainiennes vers leurs doublons russes.
La médiathèque était un chantier à part. Dans 260 fichiers, les légendes et descriptions étaient de la translittération latine : kostum_merinos_viski, golf-svobodnoj-posadki-iz-merinosa. 490 champs ont été réécrits en ukrainien lisible — ce que voit le client dans la galerie, et ce que lit un moteur de recherche dans le balisage.
La marque en chiffres, pas en adjectifs
Le bloc production ne prétend pas que la marque est « premium » — il montre comment on tricote réellement : en forme, sans bords coupés, coutures assemblées maille par maille puis vaporisées, vêtement fini lavé avec un produit dédié. D’où les deux à trois jours par pièce.
Sur un téléphone
L’essentiel du trafic d’une boutique de vêtements vient du téléphone et d’Instagram. Sur écran étroit le panier s’ouvre en pleine hauteur, les tailles restent des boutons, la galerie se fait au doigt, et la grille de caractéristiques ne s’effondre pas en colonne de deux mots.
Déroulé du projet
Sous le capot
Plateforme
WordPress 7.1.2 et WooCommerce 11.0.1 à la place de 6.9.7 et 5.9.1. Un thème enfant sur mesure qui ne contient que notre propre code.
Nos extensions
Quatre extensions distinctes : page d’accueil, panier coulissant, espace client et commande en un clic. Chacune se désactive seule sans entraîner les autres.
Pour la recherche
Données structurées produit avec prix, disponibilité et fil d’Ariane, titres de pages corrects, et un robots.txt qui ferme les pages de panier et les paramètres générateurs de doublons.
Ce qui a changé
La boutique a cessé d’être un empilement de solutions d’autrui. La page d’accueil se construit sur le stock réel, la fiche produit répond aux questions avant qu’elles n’arrivent en message privé, une commande tient en deux champs, et les textes sont écrits dans la langue que la marque parle à ses clientes.
Et surtout, ce qui permettait à un inconnu d’exécuter n’importe quelle commande sur un serveur contenant des commandes en cours a disparu.
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